Deep plane facelift
Chirurgie esthétique du visage
Chirurgie esthétique du visage
Une technique ancienne, pas une mode
Le deep plane facelift est aujourd’hui très médiatisé, au point de passer pour une nouveauté. C’est inexact : il s’agit d’une technique décrite dès les années 1970 (travaux de Skoog), puis formalisée et diffusée par Hamra à partir de la fin des années 1980 sous les noms de deep plane puis de composite lift. Ce qui est récent, ce n’est pas la technique : c’est la demande. La recherche d’un résultat naturel, non « tiré », et durable a remis au premier plan une approche qui repositionne les tissus en profondeur plutôt que de tendre la peau.
Qu'est-ce que le deep plane ?
Pour comprendre le deep plane, il faut partir du SMAS (Système Musculo-Aponévrotique Superficiel), décrit par Mitz et Peyronie en 1976 : c'est la couche fibro-musculaire qui relie les muscles superficiels du visage à la peau. Le vieillissement entraîne une descente de cet ensemble, et non un simple relâchement cutané.
Les techniques de lifting se distinguent par le plan sur lequel elles agissent :
Les liftings superficiels / cutanés
Retendent essentiellement la peau.
Les liftings du SMAS
Agissent sur cette couche par plicature, par bourse ou par résection d'une bandelette (SMASectomie).
Le deep plane
Dissèque sous le SMAS, dans un plan profond, et libère les ligaments de rétention du visage (ligaments zygomatiques/malaires, ligaments massétériens, ligament mandibulaire). Cette libération permet de repositionner en bloc l'ensemble peau + SMAS + graisse (lambeau composite), sans désolidariser la peau de son support.
C'est cette différence — travailler sur les attaches profondes plutôt que tirer sur la peau — qui définit le deep plane.
La technique opératoire
L'intervention est réalisée sous anesthésie générale ou sous anesthésie locale approfondie (sédation intraveineuse), selon les cas. Les incisions sont dissimulées dans les cheveux au niveau des tempes, suivent le contour de l'oreille (pré- puis rétro-auriculaire) et rejoignent le cuir chevelu postérieur.
Le geste consiste à aborder le plan sous-SMAS, à libérer les ligaments de rétention qui fixent les tissus, puis à repositionner le lambeau composite selon un vecteur adapté à l'anatomie de la patiente (le plus souvent vertical ou oblique). Le cou peut être traité dans le même temps (plicature des muscles platysma, prise en charge de l'angle cervico-mentonnier). L'excédent cutané est réséqué en fin d'intervention, sans tension, et suturé par des points fins.
La durée opératoire et l'étendue du geste dépendent de chaque situation ; elles sont définies lors de la consultation.
Indications
Le deep plane s'adresse aux patientes présentant un relâchement modéré à marqué de l'étage moyen du visage, des bajoues et du cou, et souhaitant un résultat naturel et durable. Il n'est pas la réponse universelle : la technique retenue dépend de l'anatomie, de la qualité des tissus, du degré de relâchement et du projet de la patiente. C'est précisément cet ajustement — expertise du chirurgien, morphologie, attentes — qui conditionne un résultat harmonieux et pérenne.
Les suites opératoires
Un œdème et des ecchymoses sont habituels dans les premiers jours et régressent progressivement. L'un des intérêts décrits du deep plane est que, la peau n'étant pas largement décollée de son support, sa vascularisation est mieux préservée, ce qui contribue à des suites souvent plus simples. Les douleurs sont généralement modérées et calmées par des antalgiques simples. Une éviction sociale de l'ordre de deux à trois semaines est à prévoir, variable selon les personnes. Le retrait des fils intervient dans les jours qui suivent.
Résultats
Le résultat s'apprécie progressivement, à mesure que l'œdème se résorbe, sur plusieurs semaines à quelques mois. L'objectif est de restaurer l'ovale et les volumes en préservant l'expression du visage. Le vieillissement se poursuit ensuite naturellement, à partir d'une base rajeunie. La durabilité dépend de chaque patiente et de son mode de vie.
Risques et limites
Comme toute intervention chirurgicale, le deep plane facelift comporte des risques, qui doivent être connus et discutés en consultation :
- Hématome : la complication la plus fréquente des liftings, pouvant nécessiter une reprise.
- Atteinte nerveuse : lésion, le plus souvent transitoire, de branches du nerf facial (rameau temporal, rameau marginal mandibulaire) ou du nerf grand auriculaire (zone de sensibilité de l'oreille).
- Troubles de la cicatrisation : cicatrices élargies, retard de cicatrisation, favorisés notamment par le tabac.
- Souffrance cutanée : plus rare qu'avec les liftings cutanés purs, la peau étant moins décollée.
- Infection, asymétrie, œdème prolongé, engourdissement transitoire.
Le tabac majore plusieurs de ces risques : un arrêt plusieurs semaines avant et après l'intervention est demandé. Une information détaillée et un délai de réflexion précèdent toute décision.
Questions fréquentes
Le deep plane est-il « mieux » que les autres liftings ?
Aucune technique n'est supérieure dans l'absolu. Le deep plane a des indications précises ; d'autres liftings (SMAS, superficiels) restent pertinents selon les cas. Le choix se fait en consultation.
Le résultat est-il plus naturel ?
En repositionnant les tissus en profondeur plutôt qu'en tendant la peau, le deep plane vise à éviter l'aspect « tiré ». Le résultat dépend toutefois de l'indication et de l'anatomie.
Le résultat est-il définitif ?
Non. Le vieillissement se poursuit, mais à partir d'une base rajeunie.
À quel âge ?
L'indication dépend du degré de relâchement, plus que de l'âge. Elle s'évalue individuellement.
À explorer également
- Blépharoplastie — souvent associée au lifting pour rajeunir le regard
- Lipostructure du visage — restaurer les volumes en complément du lifting
- Lipoaspiration du cou — affiner l'angle cervical
- Prendre rendez-vous en consultation
Voir aussi
Dernière mise à jour : 10 juillet 2026