Par le Dr Djazia Benyahi — Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, Paris
« Le lifting cervico-facial, ou deep plane, ne consiste pas à tirer la peau, mais à repositionner les tissus — pour un visage affiné, naturel, et non « refait ». »
Le vieillissement du visage : plusieurs plans, pas seulement la peau
Le vieillissement n’est pas un phénomène unique : c’est un déplacement de tous les volumes et de toutes les structures — la peau, les tissus sous-jacents, les muscles, les tendons, les zones graisseuses, mais aussi les os.
C’est pourquoi agir uniquement en surface ne suffit pas. Pour un résultat réel, il faut agir sur les volumes et sur les différents plans — le plan cutané, bien sûr, mais surtout les plans profonds, tissulaire et musculaire.
Ce que corrige le lifting cervico-facial — et ce qu’il ne corrige pas
Ce que le lifting corrige : la forme du visage. Avec l’âge, celle-ci devient plus carrée et plus lourde vers le bas. Le lifting cervico-facial restaure un aspect plus juvénile, avec un visage affiné au niveau du menton et de la région cervicale.
Ce que le lifting ne corrige pas, et qui demande d’autres gestes complémentaires :
- la qualité de la peau, les taches et les petites rides superficielles : cela relève d’un traitement cutané de surface ;
- les volumes : avec l’âge, les tissus graisseux diminuent et l’on perd du volume (tempes, joues, cernes…). Les restaurer, c’est réinjecter de la graisse — une stratégie très souvent associée au lifting cervico-facial.
La clé pour tout comprendre : le SMAS
Le SMAS est une structure complexe — à la fois tissulaire, graisseuse et musculaire — qui soutient le visage. C’est la façon de le traiter qui distingue les différentes techniques de lifting.
Deux logiques sont possibles :
- Le plicaturer : on lui fait simplement un pli — comme un pli de chemise — que l’on fixe et maintient en place.
- Le repositionner (deep plane) : on décolle cette structure, on la repositionne réellement, puis on la fixe — on ne se contente pas de la plier.
C’est précisément là la différence entre le lifting classique (plicature du SMAS) et le deep plane facelift.
Le deep plane lift, en profondeur
Dans le deep plane, on décolle le SMAS pour le repositionner réellement (au lieu de seulement le plicaturer), puis on le fixe. La structure obtenue est ainsi plus solide.
Pour cela, on libère les attaches — les ligaments de rétention (retaining ligaments) — afin de pouvoir repositionner et retendre les structures profondes, et les remettre au bon endroit. Des fils de soutien et de fixation sont mis en place : souvent des fils non résorbables, complétés par des fils résorbables. Enfin, on repositionne la peau et l’on retire l’excès cutané sans tension, pour un résultat le plus naturel possible et des cicatrices les plus discrètes.
En résumé, le lifting cervico-facial est un outil remarquable pour retrouver l’ovale du visage perdu avec l’âge — une perte due à l’association d’une laxité cutanée et ligamentaire et d’un déplacement des tissus vers le bas. La particularité du deep plane est de réparer cela sans exercer de traction sur la peau. D’où ses grands bénéfices : une meilleure qualité de peau, de plus belles cicatrices, une durabilité accrue du résultat, et surtout un rendu plus naturel.
Ma conviction. Le lifting cervico-facial est, à ce jour, la seule technique qui corrige réellement l’ovale du visage : aucune autre approche actuelle ne le permet. Selon mon expérience, les fils tenseurs sont, eux, décevants : hormis la réaction inflammatoire des trois premiers mois — qui donne une illusion d’effet —, le résultat n’est pas au rendez-vous. C’est souvent coûteux et douloureux pour un bénéfice très limité, parce que cela ne traite pas le fond du vieillissement : le déplacement des volumes et la laxité des plans profonds. Or c’est précisément là qu’il faut agir.
Le déroulé, étape par étape
La consultation, d’abord — pour fixer les objectifs, comprendre les besoins et les gênes de la patiente, et examiner la structure du visage, la qualité de la peau, les poches de graisse et la laxité. Tous ces facteurs orientent vers une technique plutôt qu’une autre.
La préparation — corriger les éventuels problèmes médicaux, puis planifier l’intervention. Le jour de l’intervention, on réalise des repérages avec des dessins préopératoires.
L’anesthésie — souvent légère. Le lifting peut même se faire sous anesthésie locale (ou loco-régionale), éventuellement avec une sédation : ce n’est pas une chirurgie incompatible avec ce type d’anesthésie, car le geste reste en surface.
L’incision — expliquée à la patiente au préalable. Elle suit généralement un tracé le long de la patte des cheveux et de l’oreille, en passant dans les sinuosités naturelles pour camoufler la cicatrice et la rendre quasi invisible derrière l’oreille ; elle se prolonge en arrière dans le cuir chevelu.
Le geste — un décollement a minima de la peau (pour préserver sa qualité et sa souplesse, et ne pas tirer dessus), puis l’entrée dans l’espace du deep plane, sous le SMAS : libération des ligaments de rétention, repositionnement et fixation des structures profondes, puis redrapage de la peau sans tension.
La récupération, honnêtement
Il faut compter une dizaine de jours. L’œdème est assez important la première semaine, mais il y a peu d’ecchymoses — sauf en cas de gestes associés (chirurgie des paupières, ou réinjection de graisse, qui donne davantage de bleus).
Le port d’une contention (type PressLift) est conseillé : elle réduit l’œdème et sa durée. À porter jour et nuit pendant une dizaine de jours, puis la nuit ou lorsque la patiente n’est pas exposée socialement.
Côté soins : le pansement compressif posé en post-opératoire immédiat peut être retiré rapidement, et le shampoing est autorisé dès le lendemain, avec un lavage normal (savon et shampoing habituels). Les fils sont retirés vers une semaine — les retirer tôt favorise des cicatrices de meilleure qualité.
Enfin, le résultat s’améliore de jour en jour et est bien visible à trois mois.
Et les risques ?
Le lifting cervico-facial comporte peu de risques, mais comme toute intervention il en existe, et ils vous sont expliqués en détail avant toute décision. Le risque lié à l’anesthésie reste très limité ici, celle-ci étant légère et le geste superficiel. Les complications spécifiques, rares, sont :
- l’hématome (la plus fréquente) : de l’ordre de 1 à 3 %, et autour de 1,2 % spécifiquement pour le deep plane ; un bon contrôle de la tension artérielle le réduit nettement ;
- la nécrose cutanée : environ 1 à 3 %, nettement majorée chez les fumeuses ;
- l’infection : faible, environ 0,2 à 0,9 % ;
- l’atteinte du nerf facial : rare, le plus souvent transitoire (récupération spontanée, environ 70 % en six mois) ; l’atteinte permanente est exceptionnelle (~0,1 %).
Ces chiffres sont donnés à titre indicatif et varient selon le profil de la patiente et la technique employée. La consultation et l’examen clinique restent irremplaçables pour évaluer votre situation.
Envie d’y voir plus clair sur votre situation ? Seule une consultation, avec un examen clinique, permet de déterminer si le lifting cervico-facial est adapté à votre visage et de définir la technique la plus juste. Le Dr Djazia Benyahi vous reçoit pour en discuter.
Pour découvrir ma prise en charge du lifting cervico-facial et prendre rendez-vous, consultez la page dédiée.
Questions fréquentes
Le lifting deep plane « tire »-t-il la peau ?
Non. Contrairement à une idée reçue, le deep plane ne tire pas la peau : il repositionne les tissus profonds (le SMAS) après avoir libéré les ligaments de rétention. La peau est ensuite redrapée sans tension, ce qui explique un résultat naturel et de belles cicatrices.
Quelle est la différence avec les fils tenseurs ?
Les fils tenseurs agissent en surface et, selon mon expérience, donnent des résultats décevants : hormis une réaction inflammatoire les premiers mois, ils ne traitent pas le fond du vieillissement (déplacement des volumes et laxité des plans profonds). Le lifting cervico-facial, lui, corrige réellement l’ovale du visage.
Combien de temps dure la récupération ?
Il faut compter une dizaine de jours. L’œdème est important la première semaine, avec peu d’ecchymoses (sauf gestes associés). Les fils sont retirés vers une semaine, et le résultat est bien visible à trois mois, en s’améliorant de jour en jour.
Le résultat est-il naturel et durable ?
Oui. En agissant sur les structures profondes plutôt que sur la peau, le deep plane offre un rendu naturel, de meilleures cicatrices et une durabilité accrue du résultat.
Références
EyeWiki — Facelifting Techniques (taux de complications : hématome, nécrose, nerf). · Méta-analyse comparative des techniques de SMAS (taux de complications selon la technique, dont deep plane), 2019. · Revue systématique — Management and outcomes of facial nerve injury following rhytidectomy, 2025. · StatPearls — Cervicofacial Rhytidectomy (contrôle tensionnel et taux d’hématome).
Dr Djazia Benyahi
Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique — Paris · RPPS 10108378216
Cette page a une vocation purement informative et ne remplace pas une consultation médicale. Les suites, délais et résultats décrits sont indicatifs et varient selon chaque patiente.